Sécurité et Stratégie est une publication du CDSE

07

Dernier numéro : novembre 2011

La sécurité à l’international

La sécurité d’un grand groupe dans un pays à risque

Un an après la prise d’otages des salariés d’Areva au Niger, la situation au nord du pays reste des plus incertaines. Quelles leçons Areva a-t-elle tirées de cet enlèvement ? Comment la protection d’Areva s’organise-t-elle désormais ? Comment l’entreprise appréhende-t-elle la protection de la zone ? Pour répondre à ces interrogations, nous sommes allés rencontrer Jean-Michel Chéreau, Directeur de la protection du groupe Areva depuis novembre 2010. Après une longue carrière militaire au terme de laquelle il se voit conférer le rang et l’appellation de Général de corps d’armée, Jean-Michel Chéreau découvre l’univers de l’entreprise et met au service de celle-ci sa science de la conduite d’opérations atypiques.

CDSE  : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre trajectoire qui vous a amené à être en charge de la protection d’Areva ?

J-M C : Ma trajectoire d’officier de l’armée de terre est assez classique au sein des directeurs de protection, puisque je fais partie a priori du 1/3 d’anciens militaires que compte la profession. A ma sortie de Saint Cyr en 1973, j’ai rejoint l’infanterie de marine. Après l’ENSTA (Ecole Normale Supérieure des Techniques Avancées) et l’Ecole de Guerre, j’ai été désigné pour prendre les fonctions de chef des opérations du 1er RPIMA (Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine) qui menait alors des opérations particulières avant de basculer dans les forces spéciales. J’ai ensuite eu la chance de participer à la mise sur pied du COS (Commandement des Opérations Spéciales), pour ensuite prendre le commandement du 1er RPIMA et accompagner son intégration au COS. Je suis ensuite parti à Djibouti comme chef d’état major interarmées des 3500 forces françaises. Pour la petite histoire, mais qui est ô combien importante pour moi, j’ai adopté une petite fille sur place, une somalienne. A mon retour, de 1998 à 2000 j’ai rejoint le COS en tant que chef des opérations, notamment dans les Balkans. J’étais notamment en charge de la protection des ressortissants et d’opérations particulières. En 2000, on m’a fait comprendre qu’il fallait retourner dans l’armée régulière si je voulais progresser. Au sein de l’Inspection de l’Armée de Terre (IAT) j’ai pu auditer toutes les formations d’armée de terre qui relevaient du commandement et du renseignement. J’ai ensuite été désigné pour diriger la Brigade de Renseignement (BR), qui regroupe tous les moyens de renseignement de l’armée de terre. Il a fallu organiser ce dispositif. En 2004, je suis ensuite parti sept mois en Bosnie où j’ai eu la chance de commander une brigade de la Sfor (Force de Stabilisation) sous commandement de l’OTAN avant qu’elle ne bascule vers une configuration Eufor. A mon retour, j’ai été affecté quatre ans à la DRM en tant que directeur des opérations du renseignement militaire pour ensuite devenir directeur adjoint du renseignement militaire. Je suis alors passé Général de corps d’armée (4 étoiles) pour devenir Contrôleur Général des Armées (CGA). J’ai alors dressé le constat que j’avais fait le tour de problème. J’ai commencé à chercher une nouvelle activité autour de la sûreté, de la protection, de l’analyse sécuritaire. La recherche n’a pas été très simple, un Général de corps d’armée semble toujours un peu trop gradé. Alors que j’étais sur le point de finaliser un contrat avec la DCNS, j’ai été appelé par Areva. Mon choix a été assez rapide, au sens où la problématique sécuritaire d’Areva en Afrique, et singulièrement au Niger, m’intéressait particulièrement.

CDSE : Après une carrière entièrement dévouée à l’Etat, le choix d’Areva, entreprise stratégique pour la France, n’est sans doute pas anodin. Auriez-vous pu accepter pareille mission dans une entreprise moins liée à l’Etat ?

J-M C : Cela a vraiment été un concours de circonstances. Si j’avais eu l’opportunité de réaliser pareille mission dans une autre entreprise privée, j’aurais franchi le pas de la même façon. Au départ, parmi les premiers postes auxquels j’avais
postulé il y avait Sanofi, où les problématiques ne sont pas les mêmes que celles que j’aborde chez Areva. Ceci étant, je suis effectivement assez heureux de continuer à servir l’Etat, c’est une dimension qui compte toujours pour moi.

Voir le sommaire

Pour s'abonner à la revue Sécurité & StratégiePour s'abonner à la revue Sécurité & Stratégie

Accueil | Contact | Mentions légales | Comité d’orientation | Note aux auteurs | Organisation
Acheter | S’abonner | Les derniers numéros | A propos de l’éditeur

Copyright© CDSE - Sécurité & Stratégie - 2017
Sécurité et Stratégie est une publication du CDSE